Tendances digitales

Retour sur le flat design

Le flat design est décidément la tendance graphique digitale de ces dernières années. À l’heure où Google confirme son goût pour le « design à plat » avec sa nouvelle interface « Material Design », et que nous offrons notre template pour newsletters « Responsive & Flat », nous voulions revenir sur cette tendance. Histoire de bien comprendre les spécificités que l’on attribue au flat design, et les raisons de son succès.

Retour aux sources

Depuis l’apparition de l’interface graphique au début des années 80, l’objectif affiché était clair : permettre à monsieur et madame tout le monde d’utiliser un ordinateur. Pour y parvenir, les développeurs de l’époque ont imaginé une interface permettant d’utiliser nos machines sans lignes de commandes, ainsi qu’un design « skeuomorphique » (oui, ce terme est assez barbare) permettant d’identifier facilement les principales fonctions d’un ordinateur. Des icônes de fichiers et dossiers à celui de la poubelle, en passant par l’apparence de l’application Calculette, de nombreux éléments graphiques étaient (et sont encore) directement inspirés de leurs équivalents dans le monde réel.

Mac OS UI

L’une des premières interfaces graphiques : System 1.1, pour Mac.

Au fil des années, les outils de créations permettant d’aller toujours plus loin, le skeuomorphisme a évolué au point d’imiter des textures, comme le cuir ou le bois. De nombreux éléments graphiques de nos systèmes d’exploitation, des sites web ou de nos applications mobiles ont été imaginés en cherchant à reproduire plus ou moins fidèlement l’ensemble des choses qui nous entourent… Parfois jusqu’à l’indigestion.

À cela il faut rajouter de nombreux effets graphiques qui ont eu leurs heures de gloires dans les années 2000 : les ombres portées, les effets de relief, l’aspect « Glossy » que l’on retrouvait jusqu’à l’année dernière sur les icônes de nos applications iPhone…

À force de multiplier ces effets graphiques, l’essentiel, le contenu, s’est parfois retrouvé au second plan. Noyé au milieu d’interfaces chargées avec des éléments dispersés, l’accroche, les titres, et l’ensemble des éléments qui constituent une interface graphique, d’un site internet ou d’un email ne ressort plus à sa juste valeur. Trop d’effets tue l’effet.

Le flat design, ce sauveur

modern-ui

Modern UI, la nouvelle interface de Windows 8

Certains acteurs ont donc voulu se démarquer en revenant à quelque chose de plus simple. Le flat design s’est réellement fait connaitre du grand public avec Modern UI, l’interface lancée par Microsoft sur ses premiers Windows Phone 7, et désormais Windows 8. Finis les effets graphiques chargés : place aux aplats de couleurs, aux contrastes forts pour une meilleure lisibilité, à la mise en avant de typographies et d’icônes minimalistes. Autre point qui a son importance : la hiérarchisation des informations. Le flat design s’inspire du Print, et plus globalement du style Bauhaus : priorité à la mise en avant du contenu et des fonctionnalités. Tout ce qui peut être perçu comme superflu n’a pas sa place ici.

Le résultat tend vers un design intemporel, esthétique, clair et épuré. En revanche, contrairement à certaines idées reçues, le flat design ne s’oppose pas au skeuomorphisme :  ce dernier est toujours présent, mais il se veut plus minimaliste et épuré. Les boutons ressemblent toujours à des boutons, les dossiers sont toujours représentés par des icônes de dossier. Et il n’y a pas de raison que ça change à l’avenir.

Les raisons d’un succès

Au delà de son esthétisme minimaliste clairement dans l’air du temps, le succès du flat design s’explique de par les solutions qu’il apporte aux problématiques actuelles des graphistes et développeurs :

  • Le chargement des pages web d’abord, qui peut être véritablement accéléré avec un design flat, de par le nombre restreint d’images à afficher, une grande partie des différents éléments graphiques pouvant être géré par le CSS (le langage informatique derrière la présentation des pages).
  • L’importance accordée au responsive (qui on le rappelle permet aux sites de s’adapter aux nouveaux écrans type smartphones ou tablettes) a également permis au flat design de décoller. Il est beaucoup plus simple d’adapter une page web, un emailing, ou n’importe quelle application aux différentes tailles d’écrans si elle repose sur un design flat.
  • L’affichage « Retina » : sur les nouveaux écrans haute définition, le flat design permet d’obtenir un très bon rendu, grâce à l’utilisation du CSS au lieu des images (qui ressortent pixellisées sans optimisation sur ce type d’appareils).

Et demain ?

Aujourd’hui grande tendance du webdesign, que deviendra le flat design demain ? Le risque de voir une unification du web est-elle à craindre ? Vouloir à tout prix convertir un design existant en flat design peut s’avérer risqué. Certains projets au design efficace ont laissé place à des interfaces décevantes une fois converties au flat design. Trop épurées, trop tristes, sans saveur : le piège n’est jamais loin lorsqu’on s’essaie au minimalisme. Pour éviter cette erreur, une remise à plat complète de votre maquette est à prévoir (dans les deux sens du terme).

Selon nous, le flat design n’a pas encore dévoilé tous ses atouts. Le talent et la créativité des graphistes et webdesigners permettra à cette tendance d’évoluer et de perdurer au fil des mois. De nombreuses typographies, palettes de couleurs, et mises en forme du contenu restent à découvrir et à inventer.

Pour citer un certain Léonard de Vinci : « la simplicité est la sophistication ultime », le tout est d’arriver à la maîtriser.

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